Durant cette saison de tennis 2015-2016, plus personne ne peut ignorer la progression plus qu’impressionnante d’un certain Lucas Pouille. Mis en valeur notamment par ses deux quarts de finale en Grand Chelem et ses premières sélections en Coupe Davis, il convient toutefois de revenir sur le parcours du garçon et de vous présenter ce que vous saviez peut être pas il y a encore quelques mois sur l’actuel 16eme joueur mondial et récent vainqueur de l’ATP 250 de Metz.

Tout d’abord, en quelques chiffres, rappel de la rapide progression de ce jeune homme de 22 ans:

  • atp_world_tour170eme joueur mondial en octobre 2014
  • 75eme joueur mondial en Octobre 2015
  • 16eme joueur mondial en Octobre 2016

 

 

Son parcours

-Ses débuts 

debut-pouilleNé à Grande-Synthe (Nord), d’une mère finlandaise  et d’un père français, il a débuté le tennis à l’âge de huit ans. En 2008, il est sacré champion de France de la catégorie des 13-14 ans, mais à la différence de biens d’autres tennismans au même âge, Lucas Pouille ne se fait pas réellement un nom sur le circuit junior. Dans ces catégories, son meilleur résultat reste un simple quart de finale de l’Open d’Australie junior en 2011. Pour franchir le cap des juniors, et intégrer le grand circuit, il choisi de commencer à travailler avec Emmanuel Planque. Bien lui en a pris…

 

-Son arrivée sur le circuit

dubai entrainementIl faudra attendre un long moment pour que le jeune Lucas se fasse une place sur le circuit. Et c’est à la fin de l’année 2014 pour que Pouille attire enfin la lumière. En effet,  il atteint les 8eme de finale du Masters 1000 de Paris-Bercy où il tombe sans démériter face à son idole, le Suisse Roger Federer (6-4,6-4). Pour passer un nouveau cap, et à la demande de son entraîneur Emmanuel Planque, Yannick Noah vient lui prodiguer quelques conseils, avec le titre officieux de conseiller. En 2015, Pouille prend peu à peu ses marques sur le circuit principal et entre dans le top 100 après avoir atteint le 2e tour du Masters 1000 de Monte-Carlo.

-Son déménagement à Dubai 

dubaiDepuis le début de l’année 2016, Lucas Pouille s’est installé à Dubaï, pour pouvoir bénéficier, entre autres, d’un climat favorable pour notamment s’y préparer en hiver. Avec son propre préparateur physique qui l’accompagne dorénavant partout, qui fait que même en tournoi, il continue de bosser sa condition physique. Conséquence, il enchaîne les performances : sa première victoire contre un joueur du top 10 (David Ferrer) en mars, sa première finale d’un tournoi ATP à Bucarest, en avril, sa première demi-finale d’un Masters 1000 à Rome, en mai, son premier quart de finale en Grand Chelem à Wimbledon puis sa première sélection en Coupe Davis en quart de finale contre la République tchèque en juillet, et enfin son second quart de finale à US Open en battant au passage Nadal. En septembre il remporte son 1er ATP 250 à Metz.

 

Lucas Pouille : Ses qualités et son avenir :

pouille-poing-serreTravailleur acharné, Lucas Pouille ne cache pas ses ambitions et rêve d’intégrer le top 10 mondial. A 22 ans on ne remarque finalement pas de réelles défaillances dans son jeu. Il est bien physiquement, techniquement et la tête sur les épaules et sait serrer le jeu quand il le faut. L’avis de ses proches et de ses pairs sont à ce titre très intéressants. Pour Yannick Noah son capitaine en Coupe Davis « Il fait son boulot tranquillement. Il y a une forme de sérénité dans leur fonctionnement. C’est très agréable d’être avec lui. Il est surprenant de l’extérieur. Il a une forme de timidité, d’humilitéet dès que tu grattes un peu tu t’aperçois qu’il en veut. Il a les qualités des bons ». Pour Novak Djokovic, spectateur de son duel face à Nadal à l’US Open 2016, l’a déjà adoubé: « Il a tout ce qu’il faut pour être dans le top 10 », affirme le N.1 mondial. Pour sa part, Pouille explique sa réussite simplement «  je suis plus fort, mentalement et physiquement ». Sur le terrain, il montre un calme certain doublé d’une détermination sans failles. Ce qui lui permet notamment d’avoir un très bon taux de balles de break sauvées et 64% de ses tie-breaks. Fort d’un service solide, il apprend petit à petit à finir les points au filet. Son jeu de fond de court et ses déplacements sont aussi de bonnes qualités. Enfin, ses qualités physiques lui permettent de remporter un bon nombre de matches en 5 sets.

 

Au petit jeu des comparaisons face aux autres français :

-En grands chelems
Avant Roland-Garros 2016, Lucas Pouille n’avait gagné qu’un seul et unique match en Grand Chelem (à Roland-Garros en 2013). Depuis, avec huit succès lors de Wimbledon et l’US Open, il totalise dix victoires, et pointe au même âge devant J.W.Tsonga (5) et G.Simon (4), mais toutefois derrière R.Gasquet (28) et G.Monfils (24). Toutefois, Lucas Pouille fait mieux que les « Mousquetaires » dans sa constance en 2eme semaine, avec déjà deux quarts (et de suite) en Majeur : G.Monfils (demie à Roland à 21 ans et 9 mois) a dû attendre trois mois de plus pour en compter autant (Roland 2009), J.W.Tsonga (finaliste à Melbourne à 22 ans et 9 mois) a dû patienter un an et trois mois de plus (Open d’Australie 2009), R.Gasquet (demie à Wimbledon à 21 ans et 1 mois) quatre ans et huit mois (US Open 2013) et G.Simon huit ans (Wimbledon 2015).

 

-En Masters 1000
master-1000En Masters 1000, Lucas Pouille a connu sa première grosse performance  sur terre battue à Rome au début du mois de mai, avec un parcours qui s’est achevé sur une demi-finale perdue contre Andy Murray tout en ayant débuté en qualifications et avec le statut de lucky looser. Avant cela, il avait compilé trois huitièmes de finale (Paris 2014, Miami et Monte-Carlo 2016). R.Gasquet et G.Monfils ont été bien plus précoces que lui : à 22 ans et demi, le Biterrois avait déjà disputé deux finales de M1000 – perdues toutes deux contre Roger Federer (Hambourg 2005 et Canada 2006) – et atteint les demies deux autres fois (Monte-Carlo 2005 et Bercy 2007). G.Monfils avait lui rallié le dernier carré à Rome en 2006 et les quarts à Madrid en 2008, cumulant six huitièmes de finale.

 

-Au palmarès
Lucas Pouille a intégré le top 20 en ayant remporté qu’un seul titre ATP, mais jamais de Challenger. Cette petite bizarrerie fait de lui seul membre du top 100 à n’avoir jamais triomphé sur le circuit secondaire. Surtout que, l’an dernier, ce dernier jouait encore la moitié de ses matches hors du circuit principal. Forcément, avec une victoire à l’ATP 250 de Metz et une finale en avril à son palmarès (Bucarest, ATP 250), il ne soutient pas la comparaison, au même âge, avec R.Gasquet (5 titres, 6 finales) et G.Monfils (1 titre, 6 finales).

-Face au top 10

top10Concernant ce que nous pouvons appeler les grosses confrontations Lucas Pouille a bien rattrapé son retard cette saison sur les Mousquetaires en termes de victoires face au top 10 (5 victoires (Nadal, Ferrer x2, Gasquet, Thiem)pour 4 défaites), avec un total de 5-6 au final (45%). En effet, dépassant les temps de passage de J.W.Tsonga (1-4) et G.Simon (3-7). À 22 ans et demi, il fait aussi mieux que G.Monfils (12-21 -36%) et R.Gasquet (8-28).

 

 

 

S’en tenir aux seuls résultats et classements est évidemment réducteur – l’attitude, la technique, la tactique, le physique, etc, sont autant de facteurs à considérer pour évaluer la progression d’un joueur. Toutefois force est de constater que Lucas Pouille pourrait très rapidement intégrer le top 10 voir le top 5 que seuls 6 autres Français ont intégré (Noah, Forget,Grojean, Leconte, Pioline et Tsonga). C’est tout ce qu’on souhaite pour lui et pour le tennis français.

 

lucas pouille

Pour aller plus loin:

-Le site: live-tennis.eu
-Le site: tennisabstract.com
-Le twitter de L.Pouille:

 

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